13 avr. 2013

Pas d'autre langage qu'un cri de Richard D'ambrosio





J'en suis venue à lire ce livre car une collègue voulait me le faire connaître. Elle me l'a prêté dernièrement de je l'avais dans ma wish list, comme un OVNI dans mes lectures, pas du tout mon genre, je le pris comme une lecture à faire mais sans grande conviction et je remercie ma collègue pour ce livre car je suis bien contente de l'avoir découvert. Cette histoire est une histoire, racontée comme un témoignage et relativement intime pour être poignante.

Richard D'Ambrosio est un Docteur, psychanalyste en pleine construction d'un carnet de patients. Nous sommes dans les années 60, en Amérique et il va faire, par un "heureux hasard" la rencontre de Laura. Alors qu'il ne connaît que les enfants de "riches" en thérapie, son amie lui demande de l'accompagner dans une "institution" pour filles où elle travaille. Comme le mot, le lieu et ce qu'on y fait peuvent faire peur, notre docteur y entre à reculons. Cet endroit est tenu par les soeurs, où des centaines de petites filles, de bébés à 18 ans, font leurs premières armes dans la vie. Son métier pourrait leur venir en aide pour certaines, tirés de leur foyer pour violence, alcoolismes ou négligences de leurs parents mais le psychanalyste va faire la connaissance de Laura et plus rien au monde ne pourra compter que le défi de la guérir. a 12 ans,  elle souffre de strabisme, de varices, est bossue et a de vilaines brûlures sur le visage mais fait plus grave pour le docteur, elle vit prostrée dans le silence, sans contact avec l'extérieur. Son histoire, elle a vécu avec des parents qui ne supportaient pas de l'entendre pleurer, pour la faire taire, ils la tapaient, la cognaient, et à 18 mois, l'ont mise dans une poele pour la faire frire, seuls ses pleurs ont averti les voisins qui l'ont tiré de ce gouffre... mais après des mois d'hospitalisation avec des médecins qui lui parlaient de lui couper la langue si elle pleurait où parlait trop, elle s'est murée dans son monde et a atterri chez les soeurs qui ne savent plus comment l'aider... à force de patience, de jeux, de paroles, de soutien, notre docteur nous raconte son périple avec Laura...

Le récit est écrit à la première personne, sous la plume du docteur. Il nous raconte tous ses doutes, ses déboires, ses petites et grandes victoires, ce qu'il croit, ce qu'il espère puis ses défaillances, ses pertes de croyances. Tout son récit s'étale sur plusieurs années mais on espère avec lui, on y croit, on veut, pour cette Laura, que la justice existe, que la roue tourne. Ce roman est un vrai symbole de force et de courage mais surtout, il nous dit combien à chaque moment, il faut y croire pour y arriver. 
La vie s'acharne souvent sur les mêmes mais elle peut tourner et Laura rencontre les personnes qui feront le chemin pour elle, pour arriver là où elle a laissé la vie en décider autrement. 

Ce roman, je l'ai dévoré. Parlant à la maman mais aussi à la professionnelle que je suis, il m'a révélé des vrais chemins à prendre. Ce tabou de la violence conjugale mais surtout, violence sur enfants qui fait un vrai ravage encore aujourd'hui et si bien gardé par des parents qui savent les gestes et les habitudes à prendre pour ne pas être démasqués. On sait trop bien le nombre d'enfants croisés aux urgences qui ressortent pour chutes ou petites blessures alors que c'est l'oeuvre d'un parent à bout ou malade mental. Comment fait on encore aujourd'hui pour fermer les yeux sur ce qui est le pire de notre société ? La violence sur les faibles, ceux qui ne peuvent pas se rebeller, ceux qui ne peuvent pas se battre, ceux qui sont sans voix, sans parole, pour exprimer les vérités de leur foyer ? Je sais que mes petites phrases ne sont qu'un dialogue facile et que je n'avance en rien le combat mais ce livre exprime encore une fois la colère sourde de ceux qui veulent défendre ces enfants de leur vie qui démarre mal... Comment peut on leur faire autant de mal ?

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